Introduction
Passion de geek pour certains, “genre” inconnu pour d’autres, véritable bonheur pour ses amateurs, le nanar s’est aujourd’hui imposé grâce à internet.
Comment pourrions nous définir cet ovni cinématographique, qui, tel un peuple de singes enragés habillés de rouge, envahissent la planète cinéma, et parvient même, une fois par an, à poser ses pattes velues et profanes dans le cadre de la cinémathèque Française, temple d’une cinéphilie institutionnalisée. Attardons-nous quelques instants sur la définition du nanar. Nanarland, la bible de tout nanarophile, nous propose la définition suivante : « un film tellement mauvais, qu’il en devient sympathique », mais, cette définition ne couvre pourtant pas entièrement ce qu’est le nanar et ce qu’il peut représenter. Ce dernier s’est imposé par le dévouement et l’acharnement d’une poignée d’amoureux des vhs, et autres vieilles pellicules, comme un genre et une cinéphilie à part entière, grandement aidé par les nouvelles technologies de l’information et de la communication.
Mais pourquoi, comment ses films autrefois rejetés, non projetés, relégués en “catégorie Z” ont-il pu devenir objet d’une philie ? Entre d’autres termes, comment et surtout pourquoi la nanarophilie s’est-elle imposée comme un pan de la cinéphilie, développant un appareil critique, une philosphie, une esthétique ?
Tentons de voir ici comment le nanar s’est affirmé comment un genre et une philie (I), puis nous étudierons le rôle d’internet dans la diffusion du nanar (II)